KARINE GULDEMANN

Déléguée générale de la Fondation ELLE / Chargée de la solidarité Lagardère Active

Karine Guldemann, vous dirigez la Fondation ELLE qui défend et soutient l'éducation et l'émancipation des filles et des femmes dans le monde. Quelles sont les principales actions de la Fondation ?


Depuis sa création en 2004, la Fondation ELLE soutient des projets en faveur de l'éducation des filles et de la formation professionnelle des femmes. Ce sont nos deux axes principaux. Bien évidemment, viennent se greffer d'autres actions comme l'éducation à la santé, ou la sensibilisation aux droits civiques. Notre raison d'être est d'encourager l'émancipation des femmes dans le monde. Nous pensons que l'accès à l'enseignement et à la formation sont la priorité pour permettre aux femmes d'accéder à leur indépendance, pour elles mais aussi pour leurs familles.


Combien de projets sont-ils soutenus sur le terrain et dans combien de pays ?


Depuis la création de la Fondation ELLE en 2004, nous avons soutenu près de 70 projets dans 25 pays. Nous sommes présentes en France aussi, avec des projets de bourses d'études, notamment via le concours ELLE Solidarité Mode, et d'accès à l'emploi. Nous soutenons aussi la création d'entreprises dans les quartiers et accompagnons de nombreuses jeunes femmes issues de la diversité sur le chemin de l'emploi. A l'étranger, nous finançons des actions en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud. Nous veillons à une juste répartition géographique de nos financements pour un bon équilibre entre la France et l'international.


Comment percevez-vous le rôle des femmes dans les profonds changements des sociétés actuelles ?


Les femmes représentent la moitié du monde. C'est très certainement une évidence de le dire, mais pour elles, quel que soit le pays, le nôtre ou les pays en développement, les choses sont toujours plus difficiles. Rappelons-nous que les femmes ont eu le droit de vote en France en 1945, après de nombreux pays ; que dans les années 60, il fallait l'autorisation de son mari pour ouvrir un compte en banque, et qu'aujourd'hui, dans les entreprises, le plafond de verre demeure très opaque ; qu'enfin il existe un écart de plus de 25% dans les salaires entre les hommes et les femmes. Les femmes sont la clé. Elles sont le meilleur outil de développement économique et social d'un pays. Le monde ne s'apaisera pas sans elles. Je crois que dans le contexte actuel, une attention toute particulière doit être accordée aux femmes des pays du Moyen- Orient. Elles vivent sous le joug d'une violence effrayante et paient le prix des extrémismes fondamentalistes.


En ce début 2016, nous sommes nombreux à penser à Véronique de Bourgies assassinée à la Belle Equipe le 13 novembre dernier et à la magnifique association qu'elle a porté de si belle manière. Quelle va être l'action de la Fondation auprès de l'association Zazakely Sambatra ?


J'avais rencontré Véronique de Bourgies en septembre, deux mois avant son assassinat. C'était une femme puissante et généreuse, l'incarnation de la force de l'engagement des femmes. Nous avions des projets ensemble, notamment la création d'une maison d'accueil pour des étudiantes. Aujourd'hui, les choses sont mises forcément en suspens. Son mari et ses proches vont reprendre le flambeau. Nous savons que les enfants vont bien à Madagascar et que le centre Zazakely fonctionne. Nous verrons comment accompagner la poursuite de son œuvre. Je n'ai aucun doute sur l'engagement des fondations d'entreprise à ce sujet.


Les principaux rendez-vous de 2016 de la Fondation ELLE ?


Nous allons soutenir une dizaine de nouveaux projets en 2016 ; en France et à l'étranger. Nous lançons ces jours-ci la 12ème édition du programme ELLE Solidarité Mode qui permet chaque année à 3 jeunes filles de suivre des études dans de grandes écoles de mode à Paris. Ce projet est emblématique de notre action et de l'engagement d’ELLE, un savant mélange d'élégance avec la mode et de solidarité. Il y aura également 2 très beaux projets de communication autour de la fondation. Ceux-là restent secrets ; vous le comprendrez. Mais on n’a pas fini de dire haut et fort qu'il faut accompagner les femmes vers leur émancipation, ici et là-bas. Pour conclure, je veux dire la fierté que j'ai de porter cet engagement au nom de ELLE, et de voir, année après année, depuis près de 12 ans, que nous avons fait les bons choix.



Propos recueillis par G. CABANES

Janvier 2016